Recoupement d’informations sur Al Shifa

En guise d’introduction : le conflit israélo-palestinien ne m’intéresse pas particulièrement et je ne prétends pas maîtriser tous les enjeux et encore moins savoir faire le tri entre l’information objective et la propagande. Ce qui ne cessera de m’étonner, c’est la redondance de ce conflit ainsi que son importance médiatique. La rareté des discours nuancés est également effrayante : le manichéisme caricatural est de rigueur.

Bref. Voici mon récit :

Plusieurs de mes contacts sur Facebook semblent passionnés par le sujet et chaque « clan » partage ses informations tantôt pro-israéliennes, tantôt pro-palestiniennes. Dans le lot, parfois, des articles concernent les liens d’amitiés pacifiques entre Israéliens, Palestiniens, Musulmans, Juifs, etc.

Aujourd’hui cependant, une information est sortie du lot : Médecins Sans Frontières (MSF) condamne fermement l’attaque de l’hôpital Al Shifa.

Al-Shifa… Al-Shifa… pourquoi ce nom me dit quelque chose ? Ah ! Oui ! Un autre contact avait partagé le récit d’un journaliste palestinien intimidé et menacé par le Hamas et il était lui aussi à l’hôpital Al-Shifa. Aussitôt je fouille sur le « mur » de ce contact, retrouve le lien en question, clique et… Déception :

«Cet article, qui décrivait les tentatives d’intimidation à l’encontre du journaliste palestinien Radjaa Abou Dagga, correspondant de «Ouest France» et ancien collaborateur de «Libération», a été dépublié à sa demande.».

Heureusement, Google donne accès à l’article mis en cache : bingo !

Mettons les deux informations côté à côte :

«Le 28 juillet, alors que l’une de nos expatriées se trouvait à Al Shifa, où l’équipe chirurgicale MSF travaille avec le personnel de l’hôpital, le bâtiment des consultations externes, situé à l’intérieur de l’enceinte de l’hôpital a été bombardé.» MSF, le 28 juillet.

«Ils me convoquaient à l’hôpital Al-Shifa, dans le centre de Gaza Ville» […] «A quelques mètres des urgences où les blessés des bombardements affluent sans cesse, il est reçu dans le service des consultations externes, «une petite section de l’hôpital utilisée comme administration» par une bande de jeunes combattants. «Ils étaient tous bien habillés, s’étonne Radjaa. En civil, avec un pistolet sous la chemise et certains avaient des talkies-walkies». On lui ordonne de vider ses poches, d’enlever ses chaussures et sa ceinture puis il est appelé dans une chambre d’hôpital «qui servait ce jour-là de bureau de commandement à trois personnes».» Libération, publié le 22 juillet.

Autrement dit, MSF s’insurge que le bâtiment des consultations externes soit bombardé. Or cette section semble être également utilisée par le Hamas comme bureau de commandement. Dès lors, pouvons-nous nous étonner qu’un hôpital soit bombardé ? Il ne s’agit pas de cautionner un tel acte, ni de l’admettre, mais de le comprendre.

Peut-on espérer que les pro-israéliens condamnent le bombardement d’un hôpital ? Peut-on espérer que les pro-palestiniens condamnent l’utilisation par le Hamas d’un hôpital comme poste de commandement ?

Leave a Reply