Élections européennes : tableau comparatif

Comme pour l’élection présidentielle de 2012, je me suis fait un petit tableau comparatif pour les élections européennes.

Je me suis basé sur les manifestes de quelques candidats et de leurs partis respectifs. Voici quelques liens : Schulz, Verhofstadt, Juncker, Tsipras, Verts, Nous Citoyens et le Parti fédéraliste européen.

Les candidats et partis anti-euro et anti-européens ne se trouvent pas dans ce tableau, car il est inutile de préciser leur position sur ces sujets, elle est connue d’avance. À noter que la plupart d’entre eux souhaitent un retour au Franc pour dévaluer… Ils croient, comme ce cher Montebourg, que la monnaie est un outil magique qu’il suffit de secouer un peu pour créer richesse et emplois.

Il s’agit là d’un tableau qui synthétise la position de quelques partis européens sur les sujets qui me semblent importants. C’est une démarche personnelle que je souhaite simplement partager avec vous.

La colonne « préférence » correspond à ce que je souhaiterai. ALDE : Alliance des démocrates et libéraux (des libéraux-pas-classiques), CE : Change Europe, NC : Nous Citoyens, PSE : socialistes, PPE : conservateurs (UMP), PFE : parti fédéraliste européen, PVE : verts. Le code couleur est simple : vert = accord, orange = partiellement d’accord à partiellement en désaccord, rouge = en désaccord.

tableau-comparatif-europeennes-2014

 

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N’ayant pas plus poussé que cela mes investigations, je reste sans réponse sur plusieurs points. Il faut également garder à l’esprit que ce sont des programmes, des promesses… et non des actes. L’ensemble reste également vague, notamment parce qu’il faut arbitrer entre les « manifestes » des candidats à la commission, leurs groupes parlementaires et les partis. Ainsi le Modem est-il plus interventionniste que le reste de l’ALDE.

Parmi les meneurs des grands groupes parlementaires européens, Martin Schulz avait d’emblée ma préférence car c’est le seul qui propose un site web entièrement disponible dans la plupart des langues européennes. Il me donne donc l’impression d’être une personne respectueuse de la diversité linguistique de l’Union européenne. De plus il s’est plusieurs fois prononcé en défaveur du siège unique à Bruxelles. Malheureusement pour lui, sa tête de liste dans ma circonscription n’est autre qu’Édouard Martin, pour des raisons purement populistes. Ne pouvant adhérer à cela et le PSE ne se démarquant pas positivement des autres formations politiques, mon vote ira ailleurs. Si Catherine Trautmann avait été tête de liste, cela aurait été différent.

Le débat sur le siège du Parlement européen à Strasbourg ou Bruxelles se trouve dans mon tableau, car c’est un bon indicateur pour juger un parti/candidat. Souvent, les pro-Bruxelles avancent des chiffres qui sont faux (manque de rigueur ou malhonnêteté), négligent la séparation des pouvoirs (élémentaire) et ont manifestement peu de respect pour les traités (le Parlement européen est à Strasbourg, point à la ligne).

Dette et interventionnisme

On peut malheureusement résumer l’offre pro-européenne comme suit :

  • des outils ridicules où il s’agit à chaque fois de soigner la dette par de la dette (eurobonds, mutualisation, investissements stratégiques, etc.),
  • la réorientation de la Politique Agricole Commune, jamais il n’est question de la supprimer,
  • l’utilisation de la BCE pour des fins autres que la stabilité monétaire ; par exemple en faire un outil pour l’emploi…
  • l’État européen comme intervenant actif dans l’économie : subventions, prêts, investissements…
  • l’harmonisation comme maître-mot… Mais comment font les Suisses, Canadiens et Américains qui sont des ensembles fédéraux dans lesquels il y a concurrence fiscale (taux d’impositions différents) et sociale (pas le même droit du travail, salaires minimums différents, etc.) ?

Il n’y a aucune véritable alternative à ces points, même pas chez les eurosceptiques étant donné qu’il s’agit de faire cela en pire au niveau national.

Au final, tous les partis pro-européens ou presque se veulent rassurant sur le rôle de l’Union européenne : pas trop invasif, pas trop centralisé, de larges pouvoirs pour ses membres. Or personne ne défend concrètement et strictement le principe de subsidiarité, personne ne délimite clairement les pouvoirs de l’Union européenne. La médaille revient d’ailleurs au groupe PPE : «Le PPE soutient une Union européenne qui se penche sur des questions cruciales, laissant les pays seuls responsables du règlement de problèmes de moindre importance». Voilà une définition bien tordue du principe de subsidiarité… et que leur programme ne matérialise même pas.

Il ne reste plus qu’à arbitrer avec la défense commune, la fusion du réseau diplomatique ou encore la position du siège du Parlement européen par exemple. Sans oublier évidemment l’eurodéputé de votre circonscription !

Il est donc très difficile de choisir. Et ce d’autant plus que le PLD ne présente aucune liste alors qu’ils sont justement une alternative intéressante !

Le choix aux élections européennes de 2014 se résume donc ainsi :

  • affaiblir l’Union européenne et tenter une sortie de l’euro (pour instrumentaliser une monnaie nationale…),
  • renforcer l’UE avec harmonisation et centralisation accrues et une instrumentalisation de la monnaie.

Ne nous faudrait-il pas une réorientation ambitieuse des politiques européennes ? Une BCE indépendant vouée à la stabilité monétaire, l’abandon de politiques néfastes (PAC), respecter strictement le principe de subsidiarité et délimiter clairement les pouvoirs d’une fédération européenne ?

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