Crise de l’euro ou crise de la dette ?

L’euro est stable, l’inflation maîtrisée, notre monnaie unique n’est pas boudée dans les échanges intra-zone-euro, ni même à l’extérieur. L’euro n’est donc pas en crise. Et il ne le sera pas tant que la BCE sera indépendante et non-instrumentalisée. L’euro n’est pas à sauver, car il n’est pas menacé.

Plusieurs pays de la zone-euro (et d’ailleurs) sont trop endettés, suite à un manque de rigueur, un certain laxisme et une facilité à emprunter (notamment grâce au succès de l’euro). Pèse également l’héritage de plusieurs années de politique similaire, illustrant parfaitement l’expression « après moi le déluge ». C’est donc une crise de la dette.

Les économies sont moroses, mais ce n’est pas comparable pour autant à la crise de 29 : on fait plus la queue pour des TV HD et iPhone que pour du pain (même s’il existe de trop longues files pour la nourriture). La comparaison avec la grande crise permet surtout de dramatiser la situation et d’excuser les piètres performances des responsables politique. En passant, puisqu’on prône encore aujourd’hui la « relance de l’économie par l’État », que certains parlent de protectionnisme et que d’autres veulent des agences gouvernementales pour ceci et cela, il faut garder à l’esprit que le New Deal de Roosevelt avait aggravé et prolongé la crise… Plus d’informations à ce sujet avec Rothbard, le Mackinac Center, la FED de Minneapolis, mais également A new history of Leviathan.

Quelles solutions sont avancées pour mettre fin à la crise de la dette ?

  • Monétiser la dette par l’entremise de la BCE, directement ou indirectement via le FMI.
  • Quitter l’euro, revenir à une monnaie nationale et la dévaluer pour payer les créanciers avec une monnaie de singe.
  • Collectiviser la dette des pays, les bons élèves payant les pots cassés.

Ces trois solutions actuellement avancées par de nombreux politiciens ont toutes les trois un objectif : réduire les taux d’intérêt pour permettre aux États de continuer à s’endetter. Elles ont également toutes les trois un inconvénient majeur : la destruction ou la grande fragilisation de l’euro. Ce qui n’est pas sain pour l’avenir.

Le problème est donc clairement identifier, c’est l’endettement, mais on cherche à s’endetter encore plus. Cela révèle également le poids excessif de certains États dans les économies de la zone euro. S’ils prélevaient moins et dépensaient moins, leur impact serait bien plus faible.

La résolution de la crise passe immanquablement par une gestion rigoureuse des budgets des États, où les dépenses ne devraient pas excéder les revenus (sauf éventuellement en cas d’investissement justifié et non pour l’épicerie). Il n’y a pas 36000 manières de le faire : il faut réduire les dépenses. Malheureusement ce n’est pas très vendeur pour se faire élire ou réélire.

Plutôt que de faire respecter le Traité de Maastricht (dont le respect strict nous aurait évité la crise actuelle), nous nous apprêtons à modifier les traités et dévoyer d’une manière ou d’une autre la BCE.

Ainsi, l’euro, qui n’était pas menacé, sera dès lors exposé aux fantaisies des responsables politiques et leur nette volonté de ne pas assumer leurs responsabilités. Aujourd’hui c’est la crise de la dette, demain ce sera réellement la crise de l’euro.