Valéry Giscard d’Estaing

L’ancien président de la République française de 1974 à 1981, Valéry Giscard d’Estaing, s’active. On avait pu éventuellement le voir pour la promotion de son dernier livre… Mais ces derniers jours il apparaît surtout pour remettre les points sur les « i » à propos de l’euro.

Outre l’interview exclusive accordée au Taurillon, outre son apparition au Grand Journal, il était également à Strasbourg le 25 novembre dernier pour la conférence inaugurale des Entretiens de Strasbourg sur l’euro (cela fera l’objet d’un prochain article).

VGE aux Entretiens de Strasbourg 2011, organisés par les Jeunes Européens Strasbourg

À lire les journaux c’est dramatique. L’euro est en crise, l’euro est menacé, il faut sauver l’euro… Mais au fond on ne comprend pas vraiment… Ce sont jamais que des gouvernements qui, mauvais gestionnaires, ont des soucis relatifs à leur dette. Ceux-ci peuvent être trouvés aussi bien dans la zone euro… qu’en dehors de celle-ci.

Il est intéressant de constater qu’une Grèce dans le gouffre menace l’euro, tandis qu’une Californie également dans le gouffre ne menace pas le dollar.

L’euro c’est en fait le bouc-émissaire parfait. Il arrange aussi bien les Américains que les responsables politiques européens. Car, dès lors que l’on parle de la « crise de l’euro », on ne parle pas de celle aux USA ni de la situation du dollar. De plus, on fait croire que la solution, donc la responsabilité, se trouve au niveau de la BCE… alors qu’elle n’est nulle part ailleurs que dans les « chancelleries européennes ». Les gouvernements endettés sont responsables de leur situation, pas la BCE, ni les partenaires européens ayant des finances saines.

Bref. Remercions M. Valéry Giscard d’Estaing d’aller sur le devant de la scène pour défendre l’euro, pour rappeler que cette monnaie est une authentique réussite, gênante pour beaucoup de monde. Qu’elle fait l’objet d’attaques injustes et que l’on a tort de menacer l’indépendance de la BCE.

Il est désolant de constater à quel point les responsables politiques et candidats, aujourd’hui, sont timorés face à l’euro. Rare sont ceux qui sont là à répéter quelques faits simples pour expliquer que non, l’euro n’est pas menacé et que c’est une réussite :

  • l’euro est la deuxième devise mondiale, plus grand concurrent du dollar ; si l’euro était menacé, les marchés s’empresseraient d’échanger leurs devises,
  • l’euro est remarquablement stable et l’inflation réelle est faible (autour de 2% ; l’inflation perçue est plus importante, vous savez, « c’était mieux avant »),
  • personne en zone euro ne refuse un paiement en euro… ce simple fait veut tout dire ; si les commerçants n’avaient plus confiance en l’euro, s’ils refusaient que leurs clients les paient avec cette monnaie, là on pourrait affirmer que l’euro est en crise.