L’austérité tue ?

Plusieurs États de la zone euro connaissent une crise budgétaire. Ce serait la crise de l’euro. Pourtant notre monnaie ne va pas si mal et plusieurs pays de la zone se portent fort bien. L’Irlande semble sérieusement sortir du marasme, sans avoir quitté la monnaie unique. Étrangement, le plus gros État américain, la Californie, est dans une situation très grave et personne ne semble pointer du doigt le dollar, personne ne pense que la solution soit la création d’un dollar californien.

Bref, on nous dit que la BCE devrait avoir le même comportement (irresponsable) que la Fed américaine : monétiser la dette. La monnaie serait-elle un outil magique ? Dépensez sans compter chers gouvernements, la Banque Centrale épongera les dettes et il n’y aura pas de pots cassés. C’est en fait un jeu bien dangereux. Quel serait l’intérêt d’avoir des finances saines ?

Les tenants de la séparation des pouvoirs prônent une BCE indépendante vouée à la stabilité monétaire : ainsi, la seule solution pour les pays endettés serait l’austérité. Mot qui fait peur. Comment la Grèce ou encore la France procèdent-elles ? Augmentation des impôts, pseudo-baisse des dépenses. On parle là d’austérité auprès des contribuables, des entreprises, des citoyens. Pas étonnant que dans ces conditions l’économie ne reparte pas (le PIB ne tient pas compte de l’économie souterraine, elle, en plein boom en Grèce). Pourtant, qui est endetté ? Les gouvernements.

Les plans d’austérité devraient donc les concerner eux en premier lieu. Qu’ils assainissent leurs finances ! L’objectif ne doit plus être de pouvoir emprunter au meilleur taux : il devrait être de ne plus s’endetter pour l’épicerie (les dépenses courantes, les salaires, les intérêts sur la dette). Uniquement, éventuellement, pour les véritables investissements… et cela ne devrait pas être d’actualité. L’investissement public pour relancer l’économie, avec son multiplicateur : quelle farce !

Dans les années 80 la Nouvelle-Zélande était dans une situation « à la Grecque ». Le gouvernement était endetté, l’économie souffrait. Ont-ils augmenté les impôts, réglementé les marchés, interdits les hauts salaires, etc. ?

La réponse se trouve sur le site du Sénat. La Nouvelle-Zélande n’a appliqué l’austérité qu’à l’État, le pays du bout-du-monde a ainsi libéré les forces de son économie.

Avec la crise des subprimes, Obama a retenté le New Deal avec l’appui de la Federal Reserve (la planche à billets). Échec cuisant. Et avec la crise de la dette souveraine de quelques États de la zone euro, il faudrait que la BCE suive le mauvais exemple de la Fed pour que les gouvernements relancent l’économie ?

Quoiqu’il en soit, l’euro est le bouc-émissaire, le responsable désigné de la situation. Peu importe que des États ayant l’euro se portent bien, avec leurs économies respectives, peu importe que le Traité de Maastricht n’ait pas été respecté précisément par les pays qui ont actuellement de gros soucis… Ce Traité n’interdisait-il pas de trop s’endetter ?

Lors du dernier weekend de novembre, si vous êtes du coin de Strasbourg, vous aurez l’occasion d’y voir un peu plus clair dans tout ça. Soyez présent à la conférence inaugurale (ouverte à tout public) des Entretiens de Strasbourg 2011, organisés par les Jeunes Européens Strasbourg. Le thème sera l’euro, il y aura notamment Valéry Giscard d’Estaing. Ce sera l’occasion d’assister à de véritables réflexions sur le sujet. Les ateliers sont réservés aux Jeunes Européens, mais le dossier sera publié sur le web.