Partager Strasbourg

Les local-trotters ça fonctionne ! C’est en moyenne une poignée de visites chaque mois, de quoi occuper le temps libre de 3 guides-amateurs. Depuis le début de l’aventure, voilà 1 an et demi, il est probable que nous ayons dépassé la centaine de personnes accueillies. Des groupes qui vont du binôme (couple, frère et sœur, etc.) à la dizaine (étudiants Erasmus, familles, etc.). Ce qui gonfle les statistiques que nous ne tenons pas, ce sont les visites pour trois gros groupes (exceptionnellement, pour rendre service, parce que nous n’allons pas au-delà de 10 personnes et cela sera sûrement abaissé prochainement) : une classe de Néo-Zélandaise, une classe d’Américains et des étudiants Canadiens qui venaient de la Maison des Canadiens à Paris.

Nos visiteurs nous trouvent grâce à Facebook (via leurs amis qui ont rejoint notre groupe ou bien qui aiment notre page anglophone), ou bien grâce aux moteurs de recherches (avec des mots clefs comme « visite guidée Strasbourg »), et puis il y a le bouche-à-oreille. Les articles de presse nous ont surtout apportés… des guides professionnels furieux d’apprendre notre existence. On se demande ce qu’ils ont à craindre d’amateurs, d’autant plus que le public que nous avons est rarement le leur.

Qu’y a-t-il à retenir de cette activité bénévole ?

Déjà c’est un excellent moyen de rencontrer des personnes sympathiques. C’est simplement agréable de se balader dans Strasbourg avec ces touristes ou Alsaciens. On en apprend davantage sur Strasbourg, parce qu’ils partagent eux aussi leurs informations sur la ville, l’Histoire, les bons plans. On apprend aussi des choses sur le lieu d’où ils viennent. Parfois on goûte leurs spécialités locales qu’ils ramènent pour nous (sympa !). L’échange est donc autant intéressant qu’agréable.

À la fin des visites (ou bien le lendemain), on nous invite souvent à boire ou à manger. C’est une manière fort agréable de prolonger l’échange. Ma soirée la plus mémorable fut sans doute celle avec cette vingtaine de Canadiens dans le caveau des brasseurs.

Faire visiter Strasbourg ainsi donne aussi un sentiment d’utilité : les gens sont contents à la fin de la visite, ils n’ont pas perdu leur temps. Dernièrement j’ai fais une mini-visite d’une heure trente pour une association de femmes en situation difficile. À chaque fois qu’elles venaient au centre-ville de Strasbourg, c’était pour des activités stressantes (obtenir des papiers par exemple). Pour une fois, elles sont venues et surtout reparties avec le sourire.

Grâce à cette petite activité, nous sommes en relation avec le service éducatif des musées de Strasbourg. Nous organisons lentement mais sûrement des « visites privées » pour nous-mêmes et quelques invités, histoire de mieux connaître les musées de la ville. Pour l’instant nous avons fait le MAMCS et le palais des Rohan, la suite à la rentrée. Quoiqu’il en soit c’était exceptionnel. La visite du MAMCS a bouleversé mon opinion sur ces arts moderne et contemporain.

Enfin, et c’est ce qui me plaît le plus avec ces visites guidées gratuites de Strasbourg, c’est qu’on a beau être passé 100 000 fois dans une rue, il y aura toujours quelqu’un pour voir un détail qu’on n’avait jamais vu ou bien poser une colle. On fait découvrir Strasbourg et pourtant on en découvre davantage à chaque fois. C’est une manière d’entretenir le « regard touriste » sur la ville, donc d’être émerveillé en permanence : c’est sacrément agréable de vivre dans une ville qui nous émerveille.

Un seul regret

Pourquoi si peu de Strasbourgeois ? On doit tourner aux alentours d’un quart des visiteurs. Ils sont pourtant sur place, ils doivent bien pouvoir trouver 3h dans un mois, non ? Même constat en discutant avec le service éducatif des musées de Strasbourg : on ne visite pas notre ville, ni nos musées.

Combien de Strasbourgeois sont allés au musée historique, au musée alsacien, au MAMCS ou bien ont fait le Batorama (ce « truc à touristes » pourtant si bien réalisé) ?  C’est un peu comme avec la choucroute, on en mange au restaurant quand des étrangers nous rendent visite ; nos visiteurs Strasbourgeois viennent souvent parce qu’ils sont accompagnés de leurs amis d’ailleurs.

Nous avons choisi « Local-trotter » comme nom pour inciter les gens à visiter leur localité, parce qu’il y a tant à découvrir juste sur le pas de leur porte.

En faisant visiter Strasbourg à des Strasbourgeois on rigole toujours. Par exemple rue du vieux marché aux poissons (rue très fréquentée, point d’entrée important dans l’hyper-centre, boutiques et pâtisseries prisées, bars et restaurants fréquentés)… aviez-vous vu les poissons sur le sol ??? C’est rien, c’est un détail, c’est anecdotique et pourtant… Alors on rit jaune et on se dit « je vis dans une ville où je ne regarde même pas où je met les pieds et ce n’est pas parce que j’ai la tête en l’air, à observer les façades ».

Strasbourg est un joyau.