Éviter de s’endetter pour l’épicerie

Au cours de macroéconomie de l’UQTR, notre professeur nous disait en substance qu’un gouvernement serait bien mal avisé de s’endetter pour l’épicerie, c’est-à-dire pour les dépenses courantes. Un prêt ne devrait être sérieusement envisagé que dans le cadre d’un investissement. Concrètement, s’endetter pour Manic-5 fait sens, étant donné qu’un retour sur investissement est espéré (et probable). En revanche que les gouvernements contractent des prêts pour payer les fonctionnaires ou encore les intérêts sur des prêts précédents, voilà qui est aberrant.

Cela fonctionne aussi pour les ménages. Les prêts à la consommation sont d’ailleurs critiqués à juste titre.

Et cela fonctionne aussi pour l’entreprise ! Le banquier serait d’ailleurs bien peu inspiré de prêter à un professionnel qui a des problèmes chroniques de trésorerie du fait des salaires, loyer, etc., mais n’a pas d’investissements à réaliser (achats de matériel pour des gains de productivité par exemple). Quoique le banquier exige souvent une garantie personnelle de la part des dirigeants : pour lui le risque est donc relatif. L’entreprise qui s’endette pour l’épicerie gagne bien peu de temps pour revoir son modèle d’affaires et/ou relancer son activité (ce doit être une nécessité puisque les revenus ne couvrent pas les dépenses).

Un prêt ça se rembourse… toujours trop tôt

Au final, si l’entreprise s’endette sans raison valable (investissement), elle ne fait que reculer légèrement l’échéance et, pire, elle aggrave sa situation à terme du fait du remboursement du prêt englouti dans les dépenses courantes, plus les intérêts. D’un point de vue personnel pour le ou les dirigeants, ça ne doit pas non plus être évident puisqu’en cas de non-remboursement le banquier se servira sur les fonds et biens personnels.

Lorsque le barrage s’apprête à déborder et céder, cela est-il utile de bricoler un muret en haut tout en souriant aux gens de la vallée ?